Pour célébrer la Sant Jòrdi, fête mondiale du Livre, le CIRDÒC a commandé une œuvre originale à l’artiste montpelliérain Vincent Roussillat. Originaire d’Orléans, Vincent Roussillat est installé dans la région depuis des années comme illustrateur indépendant après avoir étudié les Arts appliqués à Paris.
Le CIRDÒC lui a demandé de mettre en images la légende de saint Georges, narrée en occitan à la manière d’un conte : un dragon à tête de serpent, la rencontre d’une princesse et d’un beau chevalier, une fin à feu, à sang et à fleur ; le tableau révèle tous les épisodes de l’histoire catalane.
Le CIRDÒC vous invite à découvrir cette œuvre lors des festivités du samedi 27 avril à Béziers. En attendant, découvrez ci-dessous une esquisse préparatoire de Vincent Roussillat :
Quel rapport entre San Jòrdi, son dragon, les fleurs et les livres ? Rappel de la légende de sant Jòrdi.
Sant Jòrdi, en français, saint Georges, est principalement connu pour avoir terrassé la dragon. Saint patron de la Catalogne mais également de l’Aragon, il est célébré dans cette région chaque année à la date du 23 avril. La tradition veut qu’à cette occasion, les femmes reçoivent des roses en échange desquelles elles font présent d’un livre. La Sant Jòrdi célèbre donc à la fois l’amour (courtois) mais également la langue et les traditions catalanes. Saint Georges serait serait un militaire romain, martyrisé au IVème siècle pour avoir refusé de s’en prendre à ses coreligionnaires. Sa légende débute réellement lorsque Jacques de Voragine, un Italien, rédige entre 1265 et 1266 La Légende dorée relatant l’épisode depuis lors devenu célèbre de sa chute contre le dragon. L’histoire telle que nous la rapporte Jacques de Voragine se déroule dans la région de Silcha (parfois présentée sous le nom de Silène), « ville de la province de Lybie » (Paris : Garnier-Flammarion, 1967, p. 297) souffrant depuis des années de la présence d’un dragon sanguinaire. Comme en Crète avec le Minotaure, les villageois de Silcha sacrifient à la bête chaque jour une jeune fille, désignée par le sort, pour assouvir sa faim. Le hasard désigne finalement la fille du roi, qui, se rendant dans l’antre du dragon, croise le chemin de saint Georges. Celui-ci prend la princesse sous sa protection et terrasse finalement le monstre. Le sang tombé au sol se transforme alors en un rosier dont une des roses rouges est offert à la dame sauvée. Héros courtois,saint Georges incarne dès lors l’idéal du vrai chevalier chrétien, le symbole de la lutte contre le mal. Traditionnellement représenté sur un cheval blanc, signe de pureté, il terrasse une bête, elle-même symbole de l’obscurantisme, et de son geste éclot une fleur, fleur de la connaissance et de la culture.
La célébration de la Sant Jòrdi
Les cérémonies autour de la Sant Jòrdi sont attestées pour la Catalogne depuis au moins le XVème siècle (les premiers documents donnent la date de 1456), période à laquelle se tenait déjà une foire des roses. Il est possible que des manifestations se soient tenues antérieurement à cette date. Autrefois liée à la seule rose, la Sant Jòrdi s’est progressivement placée sous le signe du livre et plus récemment du pain (les coques). En Espagne, le dictateur Primo de Rivera, à l’origine de la suppression de la Mancomunitat de Catalunya, tente en 1926 d’éclipser par une nouvelle manifestation une fête qui, par de trop nombreux côtés, symbolise la catalanité. Il proclame alors le 23 avril Dia del Libro (Journée du livre). Sans faire disparaître les célébrations premières, cette contribution va continuer à enrichir la tradition lorsque la situation politique aura de nouveau évolué. Quelques décennies plus tard, l’UNESCO fera de cette date la journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
La journée mondiale du livre
« Le 23 avril 1616 disparaissaient Cervantes, Shakespeare et Garcilaso de la Vega dit l’Inca. Ce 23 avril marque aussi la naissance ou la mort d’éminents écrivains comme Maurice Druon, K. Laxness, Vladimir Nabokov, Joseph Pla ou Manuel Mejía Vallejo. C’est pourquoi cette date ô combien symbolique pour la littérature universelle a été choisie par la Conférence générale de l’UNESCO afin de rendre un hommage mondial au livre et à ses auteurs, et encourager chacun, en particulier les plus jeunes à découvrir le plaisir de la lecture et à respecter l’irremplaçable contribution des créateurs au progrès social et culturel » (Source : UNESCO). De nos jours, la Sant Jòrdi est fêtée bien au-delà des frontières catalanes : à Sarajevo, Bosnie Herzégovine, à Casablanca au Maroc, à Hong Kong, Karachi, Dubaï… mais également à Béziers.
La Sant Jòrdi au CIRDOC
Pour la troisième année consécutive, le CIRDOC célèbre la Sant Jòrdi, fête traditionnelle de la Catalogne voisine. Mêlant littérature et botanique dans un même bouquet de cultures, le CIRDOC invite petits et grands à se joindre à cet événement festif. Pour retrouver l’intégralité du programme, c’est ICI.

















