Patrimoine, culture et recherche en domaine d'Oc : le blog de la médiathèque inter-régionale occitane

Passeurs de mémoire : La Baracande met à l’honneur Jean Dumas et Virginie Granouillet

Samedi 12 Mai à 20h30, au Centre Culturel Intercommunal « l’Embarcadère », à Vorey (Haute-Loire), la Compagnie La Nòvia vous propose sa nouvelle création : LA BARACANDE, un spectacle autour du répertoire de chansons traditionnelles de Virginie Granouillet et du collecteur Jean Dumas. Spectacle La Baracande C’est une rencontre singulière entre les musiciens de TOAD (Guilhem Lacroux, [...]

Mai que mai: le joli mois de mai fait son festival…occitan !

Du 12 au 20 mai prochains, le festival occitan “Mai que Mai” aura lieu comme chaque année dans les hauts cantons de l’Hérault. L’occasion d’aller faire un tour dans un “país mai que polit” et découvrir une progammation “mai que de tria”. Olargues, Colombières-sur-Orb, Vieussan, Le Poujol-sur-Orb, Prémian, Saint-Martin de l’Arcon, Saint-Gervais sur Mare, accueilleront [...]

A coma Art, avant-goût de Patrimòni en òbra

L’exposition Patrimòni en òbra interroge la question de patrimoine occitan dans toute sa diversité, par le biais d’expériences tactiles, d’accrochages et de fiches thématiques, le tout décliné sous la forme d’un abécédaire. En avant-goût, découvrez A coma Art. A Coma ART « Ingres, Bourdelle, Champollion, par exemple, sont-ils des génies occitans, occitans et français, ou uniquement français ? [...]

Venez danser en Oc !

A partir du 31 Mai et tous les jeudis jusqu’au 28 Juin vous pourrez venir danser au CIRDOC ! De 19h30 à 20h30 : cours de danses traditionnelles pour débutants Gratuit, sur inscription à: secretariat@cirdoc.fr ou 04 67 11 85 10 Et de 20h30 à 22h30 : Balètis des beaux jours avec Lo Camèl de [...]

À la découverte de l’oeuvre de Pepi Pagès

Pagès Pépin dit Pépi Pagès (1833-1896) né à Balaruc les bains, mainteneur du Félibrige, Lauréat de l’Athénée des troubadours de Toulouse en 1890, en 1893 et au Concours de Bédarieux en 1891. Primé en 1890, pour son poème : « Lou VIme centenari : oda a Mount-Peliè », et en 1893 pour « Lou castrés e lou bouzigau », [...]

Samedi 12 Mai à 20h30, au Centre Culturel Intercommunal « l’Embarcadère », à Vorey (Haute-Loire), la Compagnie La Nòvia vous propose sa nouvelle création : LA BARACANDE, un spectacle autour du répertoire de chansons traditionnelles de Virginie Granouillet et du collecteur Jean Dumas.

Spectacle La Baracande

C’est une rencontre singulière entre les musiciens de TOAD (Guilhem Lacroux, Pierre-Vincent Fortunier, Yann Gourdon et Basile Brémaud), habituellement au service de la musique à danser, et un répertoire de chansons traditionnelles : celui de Virginie Granouillet.

Frappés par la présence et la tension dramatique de la voix de Virginie Granouillet, ces musiciens ont choisi de nous proposer une musique à écouter, et non à danser, reposant sur l’émotion de ces chants d’un autre temps.

Jean Dumas, collecteur visionnaire

Jean Dumas (1924-1979), professeur d’italien à Clermont-Ferrand et animateur jeunesse se passionne pour le collectage de chansons traditionnelles populaires de France et d’Italie entre 1945 et 1972. Ce sont en tout 1400 chansons qui sont enregistrées sur bandes magnétiques et répertoriées dans des fiches. Soigneusement renseignées par Jean Dumas, celles-ci recensent un grand nombre d’informations précises sur leur auteur, la date et le lieu d’enregistrement, mais également les paroles, partitions et variations des morceaux recueillis.

Le fonds de Jean Dumas nous livre notamment 178 chansons collectées entre 1958 et 1962 au terme de onze rencontres auprès de celle qu’on surnomme la « Baracande » : Virginie Granouillet, dentellière à Mans (canton de Vorey, Haute-Loire), mais aussi chanteuse au répertoire intarissable.

A sa mort, Jean Dumas a chargé sa famille de prolonger son œuvre autour de la chanson traditionnelle en la faisant partager au plus grand nombre. Son fonds a donc été déposé aux Archives Départementales de Haute-Loire.

Après Jean Dumas, réinvestir la mémoire orale et la diffuser auprès du public

La Communauté de Communes de l’Emblavez, le Conseil Général de Haute-Loire, Haute-Loire Musiques Danses, l’Agence des Musiques des Territoires d’Auvergne, le Centre Départemental de Musiques et de Danses Traditionnelle 43 se sont donc associés en 2008 afin de rendre hommage à ce collecteur et de faire connaître au plus grand nombre, le patrimoine culturel immatériel de ce territoire.

Ce partenariat a permis d’aboutir à la numérisation du fonds dès 2010. En parallèle, les travaux de recherches d’Éric Desgrugillers sur le fonds, ont permis de clarifier les transcriptions de paroles et partitions originales rédigées par Jean Dumas. Son patient travaille d’analyse  a également fait remonter de nombreuses informations complémentaires sur le plan musicologique des chansons de la Baracande et permis d’en décortiquer la qualité artistique.

La création de la compagnie La Nòvia intitulée la Baracande est donc le premier volet de la restitution au public du projet autour du fonds Jean Dumas. D’autres volets sont à suivre d’ici fin 2012-2013…

Programme :

  • 17h : Conférence proposée par l’AMTA : Histoire du collectage et de la numérisation : Jean Dumas, un collecteur visionnaire.Claude Rocher, auteur du livre « En écoutant la Baracande ».
  • 19h : inauguration officielle en présence de la famille de Jean Dumas avec plusieurs témoignages.
  • 20h30 : Spectacle La Baracande, création de la compagnie La Nòvia, réalisée à partir du répertoire de Virginie Granouillet.

Entrée : 12euros

Réservations au 04 71 01 15 27

Pour en savoir plus :

Le fonds numérisé est accessible sur le site de l’AMTA et sur le méta-portail du projet Massif Central

La prima a la Mediatèca occitana en fotòs

Publicat lo 2 mai 2012
per Bibliotecari

Du 12 au 20 mai prochains, le festival occitan “Mai que Mai” aura lieu comme chaque année dans les hauts cantons de l’Hérault. L’occasion d’aller faire un tour dans un “país mai que polit” et découvrir une progammation “mai que de tria”.

Olargues, Colombières-sur-Orb, Vieussan, Le Poujol-sur-Orb, Prémian, Saint-Martin de l’Arcon, Saint-Gervais sur Mare, accueilleront tour à tour musique, théâtre et événements de choix : concerts (Sòm de Granadas…), balétis (l’Escòla de bodega…), théâtre (La nuit des fous, Cie Escalier B…), conférences (Daniel Loddo, Marie Rouanet…), danse (La mau maridada de la Cie Cantalàs…), expositions (Joan de l’Ors, exposée  à Colombières sur Orb)  vont ainsi se succéder durant plus d’une semaine, dans les différentes villages de l’Hérault accueillant ce festival itinérant. S’y retrouveront figures incontournables de la culture et du patrimoine occitans, et nouveaux venus pour des moments d’échanges et de découvertes de la diversité de ce domaine.

Vous pourrez y découvrir deux expositions produites par le CIRDOC-Mediatèca occitana, De la natura de quaquas bestias, oeuvres originales de Pierre François sur des textes d’Yves Rouquette et l’univers du conte occitan avec Los amics de Joan de l’Ors (coproduction CIRDOC et IEO-11).

Organisé par Tafanari (site Internet, cliquer ICI) et de nombreux partenaires venus de tous horizons (Lectures vagabondes, le FR de Colombiers, Escalier B…), “Mai que mai”est devenu en quelques années un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les amoureux de la culture “al país”.


Programme complet disponible sur le blog du festival, cliquer ICI.

A coma Art, avant-goût de Patrimòni en òbra

Publicat lo 2 mai 2012
per Bibliotecari

L’exposition Patrimòni en òbra interroge la question de patrimoine occitan dans toute sa diversité, par le biais d’expériences tactiles, d’accrochages et de fiches thématiques, le tout décliné sous la forme d’un abécédaire. En avant-goût, découvrez A coma Art.

A Coma ART

« Ingres, Bourdelle, Champollion, par exemple, sont-ils des génies occitans, occitans et français, ou uniquement français ? Quand ils ne s’expriment qu’en occitan comme Mistral, la question est résolue d’elle-même, mais les autres protagonistes de la culture, artistes, musiciens, sculpteurs, en quoi sont-ils occitans ? » Paul Castela, Occitanie, Histoire d’une aliénation.

Une histoire de l’art occitan est-elle possible ? Cela supposerait que les productions artistiques réalisées dans les régions de langue occitane aient à la fois un certain nombre de caractéristiques communes – pour ne pas être un regroupement hétéroclite et artificiel d’écoles « régionales » – tout en proposant des spécificités par rapport à l’histoire de l’art français. Une histoire de l’art occitan est sans doute une chimère. Pourtant, à différentes périodes, on trouve des oeuvres faisant appel à la langue occitane, la présence d’artistes au sein de mouvements de revendication, et des critiques qui ont réfléchi à l’essence d’un art « occitan ».

Pour découvrir la fiche complète de A coma Art: télécharger le pdf : a_coma_art

En savoir plus:

- CASTELA, Paul, Histoire d’une aliénation, Millau, Ed. du Beffroi, 1999. (COTE CIRDOC: 940 CAS).

Venez danser en Oc !

Publicat lo 2 mai 2012
per Bibliotecari

A partir du 31 Mai et tous les jeudis jusqu’au 28 Juin vous pourrez venir danser au CIRDOC !

De 19h30 à 20h30 : cours de danses traditionnelles pour débutants

Gratuit, sur inscription à:
secretariat@cirdoc.fr ou 04 67 11 85 10

Et de 20h30 à 22h30 : Balètis des beaux jours avec Lo Camèl de Fuòc.
Le 21 Juin pour la Fête de la Musique une soirée spéciale vous sera proposé…


« La Prima fa dançar ! », en extérieur et ouvert à tous!


À la découverte de l’oeuvre de Pepi Pagès

Publicat lo 27 avril 2012
per Bibliotecari
Pagès Pépin dit Pépi Pagès (1833-1896) né à Balaruc les bains, mainteneur du Félibrige, Lauréat de l’Athénée des troubadours de Toulouse en 1890, en 1893 et au Concours de Bédarieux en 1891.
Primé en 1890, pour son poème : « Lou VIme centenari : oda a Mount-Peliè », et en 1893 pour « Lou castrés e lou bouzigau », Pépi Pagès est lauréat de l’Athénée des troubadours qui publie ses poèmes dans son journal l’Echo des trouvères en le
qualifiant de « bon troubadour romanisant, intéressant, harmonieux et mouvementé ».

Bio-bliographie de Pépi Pagès :

- Une notice a été consacrée à cet auteur dans le n°10 du Bulletin des amis de Caux en 1984 suivant un article du Midi Libre du 12 avril 1983.
- Lou VIme centenari : oda a Mount-Peliè / per Pepi Pagés. Mount-Peliè, Empr. Centrala dau Miejour, 1890. 15 p ; 23 cm Texte occitan avec trad. française en regard (CBB 395-20)
- L’ase de Pignastre : pouesìa patouèsa / per Pepi Pagés. Segounda ed., revista e courejada. Montpellier, Impr. Centrale du Midi, 1890. 7 p ; 22 cm (CBB 396-15)
- Lou castrés e lou bouzigau : pouëme / Pepi Pagés. Mount-Peliè : Empr. Centrala dau Miejour, 1894. 15 p ; 22 cm (CBB 396-16)
- Odo à Augusto Cot / per Pepi Pagés. Pézenas, empr. Cazals, 1891. 7 p ; 21 cm (CBB 396-17)

On connaît aussi de cet auteur:
- « Lous ticas-tacas d’un viel mouli », poésies languedociennes (idiome de Balaruc-les-Bains, près Montpellier), par Pépin Pagès,… impr. de Hamelin frères, 1895, 8 pages

Sur Victor Levère et l’Athénée des troubadours :

Cette association littéraire est fondée à Toulouse en 1888 par le journaliste biterrois Victor Levère (1831-1894), rédacteur en chef de l’Echo des trouvères (1866-1894), qui écrit aussi sous le pseudonyme d’Isambart le Toqué.

Une partie de la collection de l’Echo des trouvères  est disponible sur Gallica ici

Cette association réunissait autour de plusieurs journalistes les ami des lettres méridionales à l’occasion de rencontres régulières qui se tenaient au 35 allées Lafayette à Toulouse.
Forte de son succès l’Athénée des troubadours organisait des concours annuels de poésie et devint l’Athénée des troubadours et des trouvères publiant une fois l’an une anthologie de poèmes.

Victor Levère, sera le rédacteur en chef et gérant de L’Écho des trouvères de 1866-1894 qui aura successivement comme sous titre : journal poétique, artistique, scientifique, théâtral et industriel, publicateur méridional…,  romancier méridional: publication mensuelle,: organe des concours littéraires mensuels internationaux, faisant suite aux concours du Décentralisateur; organe des concours littéraires mensuels internationaux de l’Athénée des troubadours : (janv.-mars 1888) ; organe des concours annuels internationaux de l’Athénée des troubadours ; organe de l’Académie des troubadours : grands concours annuels poétiques internationaux. Il sera successivement hebdomadaire (1866-1er mai 1870) ; mensuel (25 mai-25 juil. 1870) ; hebdomadaire (1872-mars 1889) ; bimensuel (avr.-déc. 1889) ; mensuel (1890-1894).

Bibliographie :

- Flous del mietjoun amassados dins naou Departomens per dex felibres dé l’Arthenèo des troubaïres foundat è dirijat à Toulouso per M. Bitor Lebèro, (Toulouso, Paris, 1888)(CAB 1938-1),
- Trouvères et troubadours, (Toulouse, Paris, 1889)(CR XIX-208) qui est disponible sur Gallica.
- Défilé des silhouettes des membres de l’Athénée des troubadours (Toulouse, Paris, 1890) (CR XIX-177).


L’Occitanie s’illustre à la fois par son unité linguistique historique et sa diversité culturelle, forte de ses spécificités locales. Par sa nouvelle exposition, Patrimòni en òbra, présentée en avant-première ce dimanche 29 avril 2012 à Saint-Orens (31) à l’occasion de la Jornada del libre Occitan,  le CIRDOC interroge les contours d’un patrimoine occitan assurément divers et en devenir : pour cela l’exposition vous présente des oeuvres et des lieux, des gestes et des rites emprunts de langue et de culture occitanes mais elle reste en chantier, ouverte à de nouvelles définitions de l’identité culturelle occitane…

Émergence de la notion de « patrimoine »

Le patrimoine est une construction complexe et relativement récente: comment la Gastronomie française se trouve-t-elle labellisée “Patrimoine culturel immatériel” de l’Humanité, une maison se voit-elle protégée comme “monument historique” ? Surtout, comment s’installe une relation particulière, collective, faite d’émotion, entre nous et des œuvres, des lieux, des objets, qui définissent parfois notre identité collective, et souvent incarnent des valeurs que nous souhaitons transmettre après nous ?

Il n’est pas si lointain, le temps où l’on pouvait se servir en pierres dans la ruine du château pour construire sa maison ou fondre une statue pour en récupérer le métal. En créant une administration publique pour conserver des biens artistiques en péril – les musées d’abord à la Révolution, puis les inspecteurs des Monuments historiques sous Louis-Philippe – la France participait à l’invention d’une étrange relation entre une communauté politique nouvelle, la “Nation” et les biens culturels qui lui appartiennent. Le périmètre des patrimoines – “industriel”, “naturel”, “immatériel”, “de l’Humanité” – n’a depuis cessé de s’étendre.

Un patrimoine commun ?

Pourtant, on entend peu parler de “patrimoine occitan” dans les inventaires officiels, les musées, les livres ou les médias. Au mieux, il y aurait des patrimoines locaux, facilement associés à une fierté de clocher et la maintenance de traditions plus ou moins authentiques. Il existe bien dans nos représentations un patrimoine “pyrénéen” ou “provençal”, un patrimoine “toulousain”, “Bordelais”, “Niçois”, et le patrimoine occitan pourrait être la simple somme de ces patrimoines régionaux.

Les différentes régions qui ont la langue occitane en partage, des Alpes aux Pyrénées, de la Loire à la Méditerranée, n’ont jamais connu d’unité politique ou administrative dans leur histoire. Là sans doute réside la diversité culturelle qu’on trouve en “Occitanie”. Le regroupement des territoires et populations de la zone occitanophone sous l’adjectif “occitan” est une posture idéologique, d’ailleurs contemporaine. Elle n’en demeure pas moins une réalité linguistique historique : malgré ses variations, on parle bien la même langue depuis plus de dix siècles de Bordeaux à Nice et de Montpellier à Limoges. Et si cette identité linguistique révélait une identité historique et culturelle ?

Le CIRDOC acteur du chantier du patrimoine occitan

C’est avec cette conviction qu’écrivains, universitaires et militants fondèrent en 1975 le Centre international de documentation occitane à Béziers, qu’ils n’hésitaient pas à définir comme une “bibliothèque nationale occitane”. Devenue le CIRDOC-Mediatèca occitana en 1998, la grande bibliothèque occitane est aujourd’hui une institution publique et scientifique dont la mission est de collecter, sauvegarder, donner à voir et à comprendre les biens culturels et artistiques produits par le territoire occitan, en occitan, depuis l’an Mil.

Riche de plus de cent mille oeuvres et objets du XIIIe siècle à nos jours, en lien avec des centaines de chercheurs universitaires travaillant sur la langue ou la culture occitane et de nombreuses institutions culturelles des régions occitanes, la Médiathèque inter-régionale occitane poursuit le chantier de la fabrique du patrimoine occitan.

Avec l’exposition “Patrimoine en chantier”, le CIRDOC propose de vous faire découvrir la diversité d’un patrimoine en devenir. Évolutive, elle est régulièrement complétée de nouvelles œuvres dont la découverte fait fluctuer des frontières demeurant en grande partie à “inventer”. Nous avons choisi de ne proposer aucun discours définitif pour délimiter les contours du patrimoine occitan. Nous vous proposons de découvrir des œuvres et des lieux, des gestes et des rites, qui portent tous objectivement la marque de la langue occitane, et qui sont consubstantiellement liés à nos territoires, leur histoire, leur actualité.

Retrouvez l’exposition Patrimòni en òbra au CIRDOC dès lundi 30 Avril 2012 !

Pavie, à côté de Auch dans le Gers, accueille le festival Trad’Envie du 16 au 19 Mai 2012. Cet évènement se définit comme « le reflet de rencontres diverses et variées autour des pratiques musicales en musiques traditionnelles ». Les choix de programmation sont volontairement orientés vers l’éclectisme, le métissage, les rencontres. Avec pour ambition la promotion des danses et musiques traditionnelles, une place importante est consacrée à la culture occitane.

Trad’Envie

Trad’Envie est une association née à Pavie de l’évolution du groupe « Ensemble Populaire de Gascogne ». En 1991, elle arrête son activité de groupe de danses traditionnelles pour se lancer dans la création d’un événement qui a lieu tous les deux ans : le “Festival Trad’Envie ».

Après 13 éditions, le festival s’impose aujourd’hui comme un évènement majeur dans la diffusion et la découverte des musiques et danses traditionnelles et populaires, lieu phare d’échange et d’enrichissement musical tant la programmation est élaborée avec soin.

Festival dans un premier temps centré sur la présentation de groupes de danse sur scène, il se dirige maintenant vers la danse de bal (soirées de bal, stages et trad’apéro mettent les danseurs à l’honneur) et les « nouvelles musiques actuelles ». Musiques traditionnelles, actuelles, du monde, ou nouvelle variété française se côtoient et se mélangent durant le temps du festival.

Nouvelles musiques traditionnelles et métissage d’influences

En 2008 est né le Jazzter Trad : un stage mêlant musique traditionnelle et jazz, en partenariat avec le festival Jazz in Marciac. Les productions réalisées durant ce stage sont ensuite systématiquement présentées et à Trad’Envie et à Jazz in Marciac. Dans une recherche d’une instrumentation la plus riche possible, tous les instruments (traditionnels, classiques, jazz…) sont acceptés !Les nombreuses formations ayant émergées ces dernières années, témoignent d’une réelle volonté de renouveau des musiques traditionnelles. Elles mêlent ainsi tradition et influences diverses. Le groupe Familha Artus mêle alors à la musique traditionnelle, le métal, Ba’Al, l’électro, le Sextet à claques, le jazz, le classique ou ses propres compositions…

Cette année, la programmation reste très éclectique et vous propose de découvrir entre autre les métissages de:

Et bien d’autres…

Promotion de la culture occitane

Pour cette édition 2012, les projets de culture occitane ne sont pas en reste ! Christian Vieussens (qui a réalisé l’affiche) ouvrira le festival le mercredi soir avec son projet « le Bal s’empêtre ». La Provence est à l’honneur avec Miquèu Montanaro comme fil rouge du festival : il se produira en concert le mercredi soir avec son fils (Tovabb ) et le vendredi après midi avec sa femme (performance picturale sur une nouvelle de Jean Giono). Vous pourrez découvrir aussi les Mauresca Fracas Dub. Pour danser, le duo Corbefin-Marsac proposera un stage de danses des régions occitanes auxquelles vous pourrez vous essayer en bal avec Tres En Gasalha (Gascogne) et Pitularita (Val d’Aoste).

Les Violons Danseurs

Parmi tout cela, une création réalisée dans le cadre du projet inter-régional Massif Central qui vise à la valorisation des langues, musiques et danses traditionnelles du Massif Central : les Violons Danseurs, « divertimento pour deux violons et deux joueurs, avec farces, attrape-archets et ricochets sur le plancher ».

Pour le programme détaillé, plus d’infos et les réservations :

Site du Festival Trad’Envie : CLIQUEZ ICI

0681331152

Pour en savoir plus

- Albums de Mauresca Fracas Dub : Cooperativa (2010) (Côte CIRDOC : 8.09 MAUR c)

- Album de la Compagnie Montanaro : Messatge (2002) (Côte CIRDOC : 8.09 MONT m)

- Album de la Compagnie Vieussens : Noche en Vela (1996) (Côte CIRDOC : 8.09 COMP n )

Le projet « Patrimoine Culturel et Identité Territoriale – Musiques et Danses Traditionnelles en Massif Central » réunit depuis 2009 différents acteurs du milieu des langues, musiques et danses traditionnelle autour d’une ambition commune : mettre en place un réseau permettant de renforcer le travail de collectage et de soutien à la création à un niveau inter régional. Dans cette optique là, un des axes fort du projet patrimonial consiste en la valorisation des archives de l’oralité et ce, par le collectage de chants, contes et récits de vie.
Nicole Coulomb et Claudette Castell ont donc apporté leur contribution au projet en donnant accès via le métaportail Massif (cliquer ICI), au résultat d’une dizaine d’années d’enquêtes sur le terrain, un fonds important sur les contes et chansons populaires du Mont Lozère.

Nicole COULOMB et Claudette CASTELL, enquêtrices autour de la tradition orale du Mont Lozère

A la fin des années 80, le Mont Lozère apparaît encore comme une région rurale, ignorée voir dépréciée, connue pour sa rudesse et sa culture paysanne en rupture. Tant ignorée, que les études sont rares sur la région et peu ou pas rendues publiques. Nicole Coulomb et Claudette Castell ont apporté la première contribution au collectage de la tradition orale autour du Mont Lozère par un vaste programme d’enquêtes mené à partir de 1975 qui donnera lieu à une thèse (Chansons populaires et refrains de danse sur le mont Lozère, thèse de troisième cycle, Université de Provence, 1983) et à de nombreuses productions.

Il s’agissait de rendre compte principalement de la vie des habitants du Mont-Lozère avant et pendant la seconde guerre mondiale par et autour des chants, des danses traditionnelles et des récits légendaires. En ressort une restitution du répertoire chanté et conté sur le Mont-Lozère dans son contexte vivant de production qui révèle les composantes historiques, sociales et idéologiques qui lui donnent son relief, et ceci d’hier à aujourd’hui, tant dans sa permanence que dans ses évolutions.Les entretiens sont menés en langue française, mais de nombreuses chansons et contes sont en langue d’Oc.

Les informateurs sont multiples, toutefois, un regard particulier s’impose sur le couple Volpilière auprès duquel ont été recueillis la plupart des témoignages et sur la base desquels ont été produits à la fois un recueil de 75 contes (1986) et un coffret K7/Livret autour d’une cinquantaine de contes et chansons populaires de leurs répertoires.
Ce dernier, édité en 1994 par l’association Clair de Terre et le groupe GEMP/La Talvera, est aujourd’hui accessible via le méta-portail Massif à la fois par le fonds Nicole Coulomb-Claudette Castell et le corpus Contes et Chansons populaires du Mont Lozère (pour les découvrir: cliquer ICI).
Accéder aux enregistrements du fonds Nicole Coulomb et Claudette Castell et du corpus Contes et Chansons populaires du Mont Lozère:

Marcel et Marinette VOLPILIERE

Marcel Volpilière (1919-1993)
Originaire du hameau de Rabeyral (sur la commune d’Altier), c’est très tôt qu’il apprend la réalité du métier de paysan. Mais le granit a vite fait de l’attirer davantage, le métier de maçon lui paraît alors plus sérieux : toute sa vie il mêlera ces deux activités.
Parallèlement, l’homme revêt régulièrement ses habits de conteur au cours de veillées et soirées amicales. Attaché à son pays depuis l’enfance, et fort d’une mémoire exceptionnelle, il tient son répertoire de son père et d’une grande-tante.
Les contes merveilleux sont rares (à cette époque, ils ne sont plus dits depuis longtemps), ce sont les contes facétieux qui occupent 60% de son répertoire et traduisent le contexte historique et socioculturel de l’époque : relations hommes/femmes, riches/pauvres, parents/enfants, maître/serviteur, caricature du gendarme etc. Ses récits sont à l’image de la culture lozérienne, et entre les épisodes contés, il fait largement référence aux valeurs, à la langue, aux habitudes de travail, aux réalités humaines d’antan .
D’ailleurs, son répertoire porte les traces culturelles du bilinguisme occitan/français qu’a connu le Mont Lozère. Certains textes sont exclusivement en occitan ou en français, mais dans la plupart, il use des deux langues, jonglant même entre différents dialectes de l’occitan (parler cévenol et gévaudanais).
Chanteur également, il laisse plus volontiers cet exercice à sa femme, Marinette.
Accéder à un conte de Marcel Volpilière : « Mitat-polet » (cliquer ICI).

Marinette Volpilière (1922)
Originaire du hameau de Pratlong, à q
uelques kilomètres d’Altier, elle aussi participe très tôt aux travaux agricoles.
De son répertoire chansonnier, très riche et diversifié, qu’elle tient des longues journées à garder les moutons en compagnie d’une vieille femme qui fredonnait sans cesse, n’ont été retranscrites majoritairement que les chansons d’adulte, souvent porteuses de leçons moralisantes. Elle chante essentiellement en français et au grand air en ramassant châtaignes et champignons : là aussi apparaît le bilinguisme qui a fortement marqué la région.
Accéder à un chant de Marinette Volpilière : « Quand la feuille était verte » (cliquer ICI)

Tradition orale ?

La tradition orale a la particularité d’être fluctuante et malléable. Loin d’être figée et poussiéreuse, c’est dans ce qu’elle a de vivant et donc de mouvant qu’elle reflète le mieux l’identité d’une communauté, d’un territoire, d’une culture.
Autant dire que le conte et la chanson traditionnels, dans la multiplicité de leurs versions, sont à leur manière passeurs et témoins d’une identité, de ses influences et de ses évolutions.
Après ces quelques lignes, la lumière se fait sur l’importance de l’exactitude avec laquelle Nicole Coulomb et Claudette Castell se sont attachées à retransmettre les contes et chansons du couple Volpilière autour de l’identité du Mont Lozère : la sensibilité du conteur ou de la chanteuse, leur langue, leurs hésitations, leurs adaptations (et non pas leurs erreurs!) font partie intégrante des histoires qu’ils ont choisit de nous raconter et donc de l’identité et de la mémoire qu’ils contribuent par là même à perpétuer.

Pour en savoir plus :

Coulomb, Nicole,  Castell, Claudette, La barque qui allait sur l’eau et sur la terre, Marcel Volpilière, conteur du Mont Lozère. Carcassonne, GARAE/Hesiode, 1986 (Côte CIRDOC : CAC161).

Coulomb, Nicole,  Castell, Claudette, Contes et Chansons Populaires du Mont LozèreMarcel et Marinette Volpilière, Gaillac, Clair de Terre-GEMP/La Talvera,  1994 (Côte CIRDOC : MULT9.48VOLP).

Le 21 avril prochain, le CIRDOC fête en avant-première la Sant-Jòrdi (commémorée traditionnellement le 23 avril). Comme nous l’évoquions dans notre précédent post, la Sant Jòrdi est à l’origine une fête catalane. En 1996, l’UNESCO sélectionnait cette date pour en faire la Journée mondiale du livre.

Quels liens entre sant Jòrdi, son dragon, les fleurs et les livres ?

La légende de sant Jòrdi

Sant Jòrdi i la princesa

Sant Jòrdi, en français saint Georges, est principalement connu pour avoir terrassé le dragon. Saint patron de la Catalogne mais également de l’Aragon, il est célébré dans cette région chaque année à la date du 23 avril. La tradition veut qu’à cette occasion, les femmes reçoivent des roses en échange desquelles elles font présent d’un livre. La Sant Jòrdi célèbre donc à la fois l’amour (courtois) mais également la langue et les traditions catalanes.

Saint Georges serait un militaire romain, martyrisé au IVe siècle pour avoir refusé de s’en prendre à ses coreligionnaires. Sa légende débute réellement lorsque Jacques de Voragine, un Italien, rédige entre 1265 et 1266 La Légende dorée, relatant l’épisode depuis lors devenu célèbre de sa lutte contre le dragon.

L’histoire telle que nous la rapporte Jacques de Voragine se déroule dans la région de Silcha (parfois présentée sous le nom de Silène), « ville de la province de Libye » (Paris, Garnier-Flammarion, 1967 p.297) souffrant depuis des années de la présence d’un dragon sanguinaire. Ainsi qu’en Crète avec le Minotaure, les villageois de Silcha sacrifient à la bête chaque jour une jeune fille, désignée par le sort, pour assouvir sa faim. Le hasard désigne finalement la fille du roi qui, se rendant dans l’antre du dragon, croise le chemin de saint Georges. Celui-ci prend la princesse sous sa protection et terrasse finalement le monstre. Le sang tombé au sol se transforme alors en un rosier dont une des roses rouges est offerte à la dame sauvée.

Héros courtois, saint Georges incarne dès lors l’idéal du vrai chevalier chrétien, le symbole de la lutte contre le mal. Traditionnellement représenté sur un cheval blanc, signe de pureté, il terrasse une bête, elle-même symbole de l’obscurantisme, et de son geste éclot une fleur, fleur de la connaissance et de la culture.

La célébration de la Sant Jòrdi

Les cérémonies autour de la Sant Jòrdi sont attestées pour la Catalogne depuis au moins le XVe siècle (les premiers documents donnant la date de 1456), période à laquelle se tenait déjà une foire des roses. Il est possible que des manifestations se soient tenues antérieurement à cette date.

Autrefois liée à la seule rose, la Sant Jòrdi s’est progressivement placée sous le signe du livre et plus récemment du pain (les coques). En Espagne, le dictateur Primo de Rivera, à l’origine de la suppression de la Mancomunitat de Catalunya, tente en 1926 d’éclipser par une nouvelle manifestation une fête qui, par de trop nombreux côtés, symbolise la catalanité. Il proclame alors le 23 avril Dia del Libro (Journée du livre). Sans faire disparaître les célébrations premières, cette décision va contribuer à enrichir la tradition lorsque la situation politique aura de nouveau évolué.

Quelques décennies plus tard, l’UNESCO fera de cette date la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

La Journée mondiale du livre

« Le 23 avril 1616 disparaissaient Cervantes, Shakespeare et Garcilaso de la Vega dit l’Inca. Ce 23 avril marque aussi la naissance ou la mort d’éminents écrivains comme Maurice Druon, K. Laxness, Vladimir Nabokov, Josep Pla ou Manuel Mejía Vallejo. C’est pourquoi cette date ô combien symbolique pour la littérature universelle a été choisie par la Conférence générale de l’UNESCO afin de rendre un hommage mondial au livre et à ses auteurs, et encourager chacun, en particulier les plus jeunes, à découvrir le plaisir de la lecture et à respecter l’irremplaçable contribution des créateurs au progrès social et culturel. » Site Internet de l’UNESCO

L’an dernier, la Sant Jòrdi était fêtée bien au-delà des frontières catalanes : à Sarajevo, Bosnie-Herzégovine (Biennale du Livre), à Casablanca au Maroc (débat « Écrire pour la jeunesse »), à Honk Kong, Karachi, Dubaï… mais également à Béziers.

La Sant Jòrdi au CIRDOC

Pour la deuxième année, le CIRDOC célèbre la Sant Jòrdi, fête traditionnelle de la Catalogne voisine. Mêlant littérature et botanique dans un même bouquet de culture(s), le CIRDOC invite grands et petits à se joindre à cet événement festif proposant musique, interventions et découvertes : exploration de la flore biterroise pour les plus grands (promenade urbaine) et contes pour les « pichons ». Comme dans toute fête digne de ce nom, la cuisine s’invitera sur les tables, mais on la trouvera également sur la scène de ce grand café littéraire (petit-déjeuner culture à 10h30 puis Lectures gourmandes à 12h00 avec le Soliloque théâtre).

Retrouvez tout le programme ICI.

En savoir plus

Associació Conèixer Catalunya, réal. Sant Jòrdi, patró de Catalunya. Història i llegenda. Barcelona : Audiovisuals de Sarrià, 2002 (COTE CIRDOC: 9,5 SANT).
VORAGINE, Jacques (de), La Légende dorée (Tome 1), Paris : Garnier-Flammarion, cop. 1967. (COTE CIRDOC: CAB 4436).

Sites Internet

  • Association Sant Jòrdi: cliquer ICI.

  • Mairie de Perpignan: cliquer ICI.
  • Site de l’Unesco: cliquer ICI.

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